Souvenez-vous, début septembre 2016, DJI annonçait la sortie de son nouveau stabilisateur 3 axes dédié aux smartphones : le DJI Osmo mobile. Je vous expliquais dans les commentaires de l’article que j’avais fait un craquage direct pour cet appareil que j’attendais depuis longtemps de la part de DJI. 5 mois après l’avoir reçu et après quelques dizaines d’heures d’utilisation, je pense être en capacité de vous faire un retour complet sur ce stabilisateur. Voici mon essai complet. La boite du DJI Osmo mobile contient le Osmo mobile, une sacoche souple de recharge et le câble de recharge jack (format propriétaire)

PRINCIPE DE FONCTIONNEMENT ET FINITION

Le DJI osmo mobile est un stabilisateur mécanique 3 axes (aussi appelé gimbals en anglais). Il permet d’absorber les mouvements parasites légers générés par la personne filmant avec son téléphone mais aussi de bénéficier de fonctions logiciels avancées grâce à son application compagnon DJI Go. L’usage de ce type d’appareil permet de monter clairement un cran au-dessus en terme de rendu lors de vos captations vidéos. L’appareil en lui-même est d’excellente facture, le design très soigné, le magnésium, le simili cuir et le plastique donnent un vrai sentiment de robustesse et de qualité.

COMPATIBILITÉ ET ERGONOMIE

Avec une ouverture comprise entre 59 et 85 mm de large, l’espace accueillant le smartphone sera compatible avec à peu près tous les smartphones du marché. Le réglage de l’écartement se fait grâce à la molette située au dos du stabilisateur. Seuls les modèles grand format, tels que l’iPhone 6 Plus/6s Plus ou encore le Nexus 6, pourraient poser problème en raison de leur poids élevé. En effet, j’ai vu plusieurs personnes se plaindre d’un manque d’efficacité du stabilisateur avec ces smartphones. Faites donc attention si vous souhaitez vous équiper de ce produit et que vous possédez ce type de téléphone. Point à noter que je ne trouve pas très pratique, l’épaisseur de téléphone acceptée étant limitée à 8,4 mm, il sera nécessaire de retirer la coque de protection de votre smartphone à chaque fois que vous souhaitez filmer. Je suis à chaque fois confronté à cette manipulation avec ma grosse coque Otterbox defender … bref on oublie vite ce détail comme vous allez le lire. Côté prise en main, tout tombe naturellement sous les doigts : la poignée est ergonomique et ne glisse pas grâce à son revêtement anti-dérapant. le joystick, les boutons de captation et la gâchette sont bien placés et ne nécessitent aucune gymnastique des doigts pour être atteints. Rien à redire de ce côté là et les 500g de l’appareil (+ le poids de votre smartphone) ne se font pas ressentir.

POUR MAÎTRISER L’ENGIN, IL FAUT S’ENTRAÎNER !

Une fois l’appareil démarré et l’application DJI Go lancée, un tutoriel vous enseignera les différentes possibilités proposées par l’appareil pour filmer et la manière de vous déplacer en filmant. J’ai vraiment été déstabilisé sur les premières heures d’utilisation car l’Osmo mobile vient “lisser” d’une certaine manière vos mouvements horizontaux et verticaux et il faut s’habituer à cette inertie. Le joystick permet aussi de déplacer dans tous les sens la caméra mais il faut être très doux dans sa manipulation sous peine de générer des mouvements trop rapides et peu agréables visuellement. C’est vraiment le point qui me chagrine. J’aurai préféré que le déplacement soit encore plus lent et plus progressif dans l’intensité d’appuie du joystick mais, même réglé au minimum via l’application, ce n’est pas encore ça. Il faut donc vraiment bouger de 1 ou 2 mm maximum le joystick pour avoir un effet satisfaisant. Autre élément que j’utilise par contre très régulièrement : la gâchette à l’arrière. En effet, cette dernière vous permet de verrouiller l’horizon lorsqu’elle est maintenue, créant ainsi des plans très qualitatifs dans un style très typé cinéma. Un double clic sur la gâchette viendra également recaler à l’horizontal quel que soit l’angle donné au stabilisateur. C’est très pratique car cela permet de faire des plans filmés au ras du sol puis remontant progressivement (appelé aussi mode lampe torche). Pour terminer sur les possibilités du DJI Osmo mobile, une gestion automatique du sens permet de filmer en mode portrait pour les live Periscope ou en mode renversé pour tenir l’appareil par le haut sans pour autant filmer à l’envers. Le gyroscope intégré se charge automatiquement d’adapter le sens de stabilisation. C’est très efficace et cela augmente la versatilité et la polyvalence de l’appareil. L’appareil est donc extrêmement complet et il est impératif de bien s’entraîner avant de se lancer dans le grand bain de “la vidéo filmée pour de vrai, faut pas se rater” sous peine de subir quelques déconvenues au démarrage si vous n’êtes pas familier avec les stabilisateurs. J’ai bien galéré au début mais, maintenant, je suis vraiment ravi de la qualité que cela apporte à mes vidéos tournées avec mon Samsung Galaxy S7 Edge. La qualité de stabilisation est excellente et la différence de captation avec ou sans stabilisation est clairement flagrante. Immobile, on ne ressent pas les mouvements de bras à la caméra, tout est fluide. En marchant, on peut pratiquement ne plus ressentir visuellement les pas avec un peu d’entraînement et le pas léger. Là aussi, un entraînement est de mise. En courant, pensez à activer le mode course dans l’application et une grosse partie de vos mouvements ne se ressentira plus à l’écran. Là on atteint les limites du stabilisateur et donc ce ne sera pas aussi fluide qu’en marchant. Mais c’est cent fois plus propre que si l’on tient son smartphone en main ! J’ai également acheté le support pour Osmo mobile, très pratique pour faire des plans sur pieds ou encore pour le fixer sur un trépied. Après 4 à 5 heures d’utilisation, le voyant de batterie s’allumera rouge. L’autonomie de 4h30 annoncée par DJI est donc tenue. Bien sûr, si vous l’utilisez beaucoup en courant et/ou avec un téléphone plus lourd que mon S7 Edge, il est possible que la batterie tienne moins longtemps car les moteurs devront travailler plus pour stabiliser le smartphone. La batterie, située dans le manche, est amovible. DJI GO, L’APPLICATION QUI DÉCUPLE LES CAPACITÉ DU DJI OSMO MOBILE Ce qui m’a fait acheter le DJI Osmo mobile plutôt qu’un autre stabilisateur, c’est l’intelligence que DJI a donné à son appareil par le biais de son application DJI Go et de la puissance de calcul du smartphone. Outre les classiques paramétrages (résolution, mise au point, ISO, etc.), 4 fonctions ont particulièrement retenus mon attention et s’avèrent extrêmement efficaces : Active track : Sélectionnez l’objet à suivre depuis l’écran tactile en traçant une diagonale sur l’objet en question, et l’Osmo suit l’élément sélectionné en question. Ça, c’est pour la théorie. En pratique, c’est bluffant d’efficacité mais il faut garder en tête certaines limites de la technologie de tracking. Si par exemple, l’objet bouge trop vite, l’application aura tendance à lâcher le suivi. Le mode sport permet de corriger cela mais il faut que cela reste un mouvement relativement lent. Un sprint ou une moto qui passe trop vite et le voilà dans les choux. En revanche, pour un vlog ou pour suivre une personne qui marche, c’est diablement efficace. Motion timelapse : Ou comment apporter une fonction super classe visuellement à des personnes absolument incapables de réaliser cela (comme moi par exemple). C’est déroutant de simplicité : on choisit les endroits où la caméra doit passer grâce au joystick et au bouton “+” sur l’écran tactile, on sélectionne l’intervalle de prise de vue et la durée, et vous voilà avec un superbe time lapse en mouvement entièrement assemblé et compilé en une simple vidéo. C’est vraiment l’une de mes fonctions préférée. Panorama : l’application prend une photo géante en assemblant, en 1 seule photo, 9 photos prises séparément et précisément pour l’Osmo. Là aussi, l’utilisation est très simple et le rendu très propre. On ne voit pas les zones d’assemblage des photos. C’est particulièrement spectaculaire pour des photos de paysage ou de grands espaces. Par contre le poids du fichier est lourd et nécessite un smartphone puissant pour le traitement et l’assemblage (les modèles haut de gamme sont donc à privilégier). Timelapse : là aussi, le système est très simple. On choisit l’intervalle entre les photos, la durée à filmer et l’appareil se charge du reste, de la prise de vue à l’assemblage sous forme de vidéo. Le rendu est également de très bonne facture. Sur ce tableau idyllique, on notera tout de même quelques déceptions concernant l’application et notamment la politique à 2 vitesses de DJI entre iOS et Android. iOS est clairement le petit préféré de DJI. Ce qui fait que l’application Android est globalement de moins bonne qualité que sa cousine iOS : pas de traduction française, absence de la fonction ralentie, plantages occasionnels, décalage entre le son et l’image lorsque l’on filme de temps à autre, la version Android est loin d’être parfaite mais DJI en a conscience et l’application s’améliore toutes les semaines depuis la sortie du Osmo mobile. De nouvelles fonctions spécifiques à Android sont même apparues récemment tel que la possibilité d’enregistrer les vidéos filmées sur carte micro SD. J’ai clairement senti les améliorations itératives apportées sur ces derniers mois. Ces défauts ne sont donc pas insurmontables et l’application DJI Go reste avant tout LA fonction différenciante de cet Osmo mobile par rapport aux produits similaires.

UN APPAREIL DONT ON A DU MAL À SE PASSER UNE FOIS DOMPTÉ !

En conclusion, je suis vraiment content d’avoir acheté ce stabilisateur et DJI signe ici encore un excellent produit à la hauteur des standards auxquels ils nous ont habitué avec leur gamme Osmo. La finition est excellente, l’ergonomie bien pensée et l’application, même si elle n’est pas dénuée de défauts, vous permettra des réaliser des films, des vlogs ou d’autres scènes artistiques d’une qualité vraiment supérieure, sans pour autant devoir être un expert. Proposé à 339€, c’est un investissement pertinent pour les fans de vidéos cherchant un appareil polyvalent pouvant sublimer la qualité de captation de leur smartphone. D’ailleurs, je préfère m’acheter un Osmo mobile plutôt qu’un Osmo plus par exemple. En effet, la qualité vidéo des smartphones augmente chaque année alors que, une optique fixée directement à l’appareil, ne pourra pas facilement évoluer. Je préfère de ce fait cette solution plus flexible et plus durable …